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Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Empty Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique

Jeu 02 Sep 2021, 11:15
J’ai pas mal hésité avant de franchir le pas ; mais au final je n’ai pas l’ombre d’un regret : présentation du Ghersi « Göttlich », acquis dans un remarquable état « sortie d’étalage » chez Nicolas / 1Stone.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-pgh10

Basiquement c’est un 6/8 extra-évidé au nez rond classique dont la lame - fabriquée en acier Kayser Ellison, un Sheffield spécifique unanimement apprécié par ceux qui l’ont approché – présente un très léger sourire natif.

Les chasses ont été fabriquées dans une matière plastique dure, rigide, qui, par les nuances de sa couleur et son façonnage, rend une impression d’écume confondante. Les finitions sont très soignées – l’inclusion métallique est totalement imperceptible au toucher – et tout ça est centré de telle manière que la lame glisse dans son logement avec une épaisseur de papier à cigarette de part et d’autre sans toucher.

La gravure de la lame est en relief, d’une précision remarquable tout comme l'application de couleurs encore bien franches. La dorure elle-même a fort peu souffert du temps.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-pgh11

Comme je l’écris plus haut, bien que sous le charme il m’a fallu un moment avant de me décider – à budgéter et – à sauter le pas de la commande. Sans regret à posteriori, faut-il le préciser.

Et c’est seulement ensuite que j’ai commencé à retourner la Toile en tous sens et dans toutes les langues pour m’apercevoir que j’étais sans doute tombé sur une espèce de Loup-blanc : aucune trace, ou peu s’en faut. Des Ghersi, oui. Pas beaucoup, mais ça se trouve. Dans cette configuration par contre, tant sous forme graphique qu'en matière de texte, je n’ai dégoté qu’une vignette photographique orpheline et inexploitable.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-ghe10

S’en est suivie une enquête de plus d’une semaine, qui allait me faire rebondir de coins en recoins, dans les méandres de ce qui fut probablement l’Âge d’or du rasoir droit. À défaut d’avoir été celui de l’Humanité… s’il en fut / sera jamais un…

Aurais-je pu synthétiser ce qui va suivre ? Sans doute. Mais c’eût été au détriment d’informations qui pourront en intéresser d’autres à propos d’autres rasoirs, DE compris. J’ai essayé de torcher ça de telle manière que ça ne soit pas aride : le verdict vous appartiendra.

Dernier petit préambule et puis on y va : j’ai vraiment cherché le dernier carat, et croisé / recroisé les sources, pour fournir un travail solide débouchant sur une conclusion bien étayée. Mais c’est la loi du genre d’être susceptible de présenter des erreurs ; qui ne demanderaient alors qu’à être corrigées, merci d’avance  Wink


---oooOooo---


Ghersi semble avoir été une marque exclusivement destinée marché italien, et plus particulièrement aux professionnels.

La seule source primaire retrouvée à l'heure où j'écris ces lignes nous dit en effet que le 22 novembre 1956, Fischetti & Weber effectuent auprès des instances italiennes le premier dépôt connu de la marque VIPEL ; au nom de la SA éponyme, grossiste en matériel professionnel - « furniture perrichieri » - préexistante et basée à Gênes.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-doc10

Et Gênes, en allemand, c'est « Genua ». Comme sur la lame, oui.

On peut légitimement supposer que c'est aux alentours de cette date que les coupe-choux Ghersi, dont le graphisme sur les manches et les lames antérieur sera conservé, vont être nominativement revendiqués par Vipel sur la soie et les boîtiers.

Revendiqués seulement. Les sources étant muettes à son sujet, il est fort probable que VIPEL n'ait été qu'une marque « client » telle qu'on en trouve de nombreux exemples en Allemagne comme en France.

Quant à « Ghersi », ce ne sont pas les sources d’hommage – patronymes ou toponymes – qui manquent dans les environs de Gênes ; mais à bien y regarder j’aurais tendance à privilégier une référence affective et/ ou entrepreneuriale au hameau du même nom, et à sa cinquantaine d’âmes blotties dans les contreforts apennins.

KAYSER, ELLISON & Co

Voilà qui est bien. Mais ça ne nous dit pas grand chose de ce désormais mien exemplaire, dépourvu de marquage VIPEL tels qu'on le rencontre sur l'essentiel des modèles visibles sur la Toile.

Signe d'antériorité à 1956, avec une tolérance de quelques années de part et d'autre ? Ça se tient. Et ça se tient d'autant mieux que le marquage « Kayser Ellison extra stahl » n'est pas anodin.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-a-g10

Kayser Ellison, c'est « Kayser, Ellison & Co. », l'un des principaux fabricants d'aciers de Sheffield. Surtout depuis 1872, quand Charles W. Kayser - un voyageur de commerce engagé trois ans plus tôt et originaire de... Solingen - devient l'associé de ceux qui étaient jusque là ses patrons.

Quelques années lui suffiront pour se rendre maître de l'entreprise, et c'est sous sa direction que la coutellerie est abandonnée au profit d'une production d'acier spécialisée. En 1914, KE lance le Toolsteel ( acier trempé à l'huile et argent – selon la source, nda) qui nous intéresse plus spécialement.

Dont la production cessera en 1960, quand une fusion d'entreprises débouche sur la création de Sanderson Kayser Ltd.

Fourchette de datation 1914 - 1956. C'est Byzance...

Alors on va un peu titiller l'Histoire.

L'HISTOIRE À LA RESCOUSSE

Élémentairement d'abord, en subodorant sans risque majeur de se tromper que l'exportation d'acier anglais vers l'Allemagne – gardée la forme belliqueuse - n'aura pas repris avant 1919 au plus tôt.

Plus avant, « A History of Sheffield » ( D. Hey ) nous dit en substance que les quelques années entre la fin de la première guerre mondiale et les troubles économiques des années ‘30 ont probablement été le point culminant de l'acier à Sheffield. Et de poursuivre en précisant que dans le domaine des aciers alliés à hautes performances, ses principaux rivaux en Allemagne avaient été engloutis dans le chaos de l'après-guerre.

Si l'on veut être plus précis tout en s'octroyant un peu de latitude au sein des années "30, on peut en tout cas considérer que le « Vierjahresplan » - planification et autarcie - mis en place par le régime nazi en 1936 aura scellé le sort des importations d'acier de Sheffield en Allemagne.

1919 - 1936. Ça, c'est déjà mieux.

Plus tôt ? Parallèlement à la date de lancement de l'acier spécialisé de K.E, les finitions de ce rasoir permettent d'émettre des doutes.

Plus tard ? Déjà éprouvée – à l’instar de Sheffield, soit-dit en passant - Solingen va être durement touchée par les bombardements des 4 et 5 novembre 1944 : « La Seconde Guerre mondiale a été un coup dur dont de nombreuses entreprises ne se remettront jamais. » précise www.archivingindustry.com

Certes la ville commencera-t-elle à renaître de ses décombres en 1949 ; et l'activité qui nous occupe connaîtra alors une période de croissance d'une dizaine d'années avant d'entrer en récession à partir de 1959.

Mais on notera que la mention « Kayser Ellison extra stahl » du « Göttlich » ( divin ) sonne très germanique ; contrairement aux indications que l'on trouve sur les soies antérieurement au milieu des années ‘30, et dans celles suivant la deuxième guerre mondiale. Ces dernières durant lesquelles, par ailleurs et comme on le verra plus loin, l’acier Böhler prend le relais.

'Pas mal, ça. 'Pas une preuve à proprement parler, mais un fort bel indice dont on va découvrir qu'il en recoupe d'autres.

L'idéal, pour y voir un peu plus clair, serait d'identifier le fabricant. Allez, zou...

OÙ ?

L'hypothèse d'une fabrication italienne n'est pas même évoquée par nos confrères du forum www.ilrasoio.com où sévissent pourtant quelques solides fouineurs. On laisse.

Celle d'une marque de Solingen perdue est peu probable : outre la naissance officielle post 1945 de VIPEL, le travail d’historiens spécialisés a réussi à reconstituer une liste exhaustive où l'on retrouve, entre autres, nombre d’entreprises familiales stricto-sensu n'ayant parfois existé que quelques années, et ce bien avant 1945. Elle reste certes en évolution, mais soit.

Le plus crédible, comme je l'évoque plus haut, est que Vipel se soit fourni directement à Solingen, auprès de fabricants ayant frappé des lames à son enseigne. Si j'utilise le pluriel, c'est parce que Vipel n’a pas revendiqué que le(s) Ghersi, et que les boîtiers standard en matière plastique de la marque renseignent bien : « Solingen Stahlwarenfabriken » - usines de produits sidérurgiques - et pas le singulier Stahlwarenfabrik.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-ghe11

On notera par ailleurs que dans Fischetti & Weber, déposants de la marque auprès des autorités italiennes, il y a « Weber ». Un patronyme qui n'était pas inconnu dans le monde entrepreneurial de Solingen.

Dans ce contexte on remarque une omniprésente marque « Böhler-Extra » faisant référence au Böhlerstahl, un acier particulier de grande qualité, inventé et commercialisé par l'industriel autrichien Albert Böhler. Et cette marque Böhler-extra ne va pas sans en rappeler une autre : « Böhler-Stahl », déposée dans les années "30 par Karl Bremshey & Co. Une firme de Solingen ( elle-aussi ) toujours active dans le domaine - moulage et usinage - métallurgique.

Voilà déjà un fournisseur potentiel parmi d'autres qui, même s'il n'est guère intéressant dans le cas précis, nous fournit une information contextuelle concernant l'origine d'une des ressources métallurgiques utilisées à ces époques. Si ce n’est la principale.

ESTAS

Que l’on retrouve d’ailleurs sur tous les Ghersi matricés VIPEL que j’ai pu voir sur la Toile ; et qui nous conduit à l'hypothèse plus prometteuse d'une fabrication « Estas », avancée par les confrères italiens précités comme par les Allemands de www.messerforum.net. Mais d'une façon plus complexe qu’annoncé.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-tar10

« Estas » est revendiquée en 1931 par la firme Max Sommer, liée - à un niveau expliqué plus loin - avec Hugo Sommer & Söhne ; et dont les bureaux vont être incendiés lors du pogrom de la « Nuit de Cristal » ( 9 / 10 novembre 1938 ).

Cette dernière mention historique est d'autant moins gratuite dans le contexte que l'on découvre plus loin qu'en janvier 1940 une troisième entité « Sommer » - la Léopold Sommer & Cie - cède ses marques « Elitas », « Mondesir » et « Pertutti » à un nommé Walter Königer ; tandis qu'une réclame Estas datée de 1941 ne fait plus mention du patronyme Sommer. Et pour cause : c'est l'identifiant « W. Eickenberg » que l'on retrouvera sur les soies désormais.

Ce n’est pas un hasard : au paroxysme de l'Aryanisation, et au lendemain de la Nuit de Cristal, le décret « Verordnung zur Ausschaltung der Juden aus dem deutschen Wirtschaftsleben » permet la liquidation des entreprises encore détenues par des Juifs, qui sont en partie remises par coercition à de nouveaux propriétaires non-juifs.

Et même si le bénéfice du doute s'impose, dans la mesure ou il est advenu que des intervenants viennent au secours des commerçants Juifs, en jouant les hommes de paille dans l'attente de jours meilleurs, on notera que le patronyme Sommer ne réapparaîtra pas sur les fabrications d’après-guerre. Nulle-part.

N'était son caractère dramatique, cette séquence serait d'autant plus séduisante qu'elle consolide - gardées les réserves d'usage - la piste Sommer pour la marque Ghersi.

SOMMER

On a vu que trois intitulés d’entreprises font référence à ce patronyme. Mais en poursuivant la lecture de messerforum.net on retrouve sous la signature du pseudo Cut la trace d’une quatrième structure, qui pourrait bien donner la clef des relations entre les trois autres : « Sommer, Max, Stahlwarenfabrik, Inh. Max & Hugo, Wald, Dellerstr. 12 ».

« Inh. » étant l’abréviation de « Inhaber » - propriétaire – la relation privilégiée entre Max et Hugo ne fait plus aucun doute. Et en y regardant de plus près, l’intitulé  Hugo Sommer & Söhne établit une notion de pluriel – Söhne – qui attire elle-aussi l’attention dans le contexte : même si elle ne constitue pas une preuve, faute de trace l’établissant, elle autorise à réserver un lien de parenté direct avec le(s) propriétaire(s) de la Léopold Sommer & Cie.

Spéculation, certes, mais qui se tient dès lors qu’on se réfère à la structure industrielle très éclatée du Solingen de l’époque. Plutôt que réinventer la roue, je vais me contenter de citer la traduction Reverso d’archivingindustry.com :

« Il est également important de se rappeler qu'à quelques exceptions près des grands conglomérats, (...) l'industrie de la coutellerie de Solingen étai(en)t étonnamment fragmentée(s). Les travailleurs extérieurs ont été largement utilisés. (...) en 1938, Pfeilring-Werke employait 143 personnes sur place et 53 Heimarbeiter - travailleurs à domicile. (…) Bon nombre des plus petits « fabricants » de couteaux et de rasoirs (...) n'étaient guère plus que des assembleurs de pièces fabriquées ailleurs. »

Assembleurs ou finisseurs, sans doute. Un peu à l’instar de ce qui se passait dans l’armurerie liégeoise au temps de sa splendeur. Situation qui persiste de nos jours, mais dans une fort moindre mesure, avec les Maîtres-graveurs par exemple.

Or là on a trois structures partageant un même patronyme dont l’une peut être perçue en tant qu’administrative, une autre davantage orientée vers le travail lourd, et la troisième – Léopold – vers la finition. Consortium familial ?

LÉOPOLD SOMMER

Laissons cet aspect, hautement spéculatif et qui risque fort de le rester ; sauf à ce qu’un de nos homologues allemands s’y penche en fouillant les archives locales et/ou fédérales :  Liebhaber aufgepasst…  Wink

Ce qui ne relève pas de la spéculation, par contre, c’est que la Léopold Sommer & Cie cède plus ou moins volontairement ses marques « Elitas », « Mondesir » et "Pertutti" à Walter Königer en janvier 1940.

Ni qu’avant cette date les CC Mondesir – plus faciles à tracer parce que plus nombreux proposés à la vente sur le Web – sont tous fabriqués en acier Kayser-Ellison et dépourvus d’identification fabricant.

Ni que les « Mondesir Gold », dont je ne trouve pas trace sous le label Walter Königer, présentent de sérieuses similitudes avec ( mon ) le Ghersi « Göttlich ». On retrouvera un style similaire ailleurs, certes – je l’évoque plus loin – mais si j’osais un néologisme en la matière je dirais que l’ambiance n’est pas la même, au-delà du coup de patte technique.

Et puisqu’un petit dessin vaut mieux qu’un long discours : photo

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-mon10

Ou je trompe fort, ou il y a bien là un air de famille...

DATATION DOCUMENTAIRE

Si l'on revient sur ma remarque à-propos du caractère fort germanique de la frappe « Kayser Ellison extra stahl », on peut oser un raisonnement propice à une datation cohérente à défaut d'être objectivement sourcée.

Jusqu'au début des années "30, une mention courante du style Made from Kayser Ellison & Co’s best Sheffiels silver steel ne pose pas de problème.

La montée en puissance du nazisme va rendre la chose de mois en moins éclairée.

Et à partir du Vierjahresplan de 1936 on peut avancer qu’elle devient vivement contre-indiquée. Passe encore pour le « for Babrers » - on exporte toujours - mais si l'origine britannique de l’acier se colore de germanité le temps d’honorer les dernières commandes ou d'épuiser les stocks existants, c'est encore mieux.

En 1939, et durant la Deuxième guerre mondiale, ça devient impensable sinon impossible.

La vérification d’une datation potentielle d’après-guerre est un peu plus complexe. Basiquement, à partir de la Charte de La Havanne ( 1948 ) le marquage d'origine s'impose sauf cas particuliers dont, à mon sens et sous réserve d'un avis autorisé l'infirmant, celui des rasoirs droits ne peut s'affranchir en vertu de l'article 56, 3 et 4.

Mais la Charte de La Havanne n'a pas de caractère contraignant sur sa traduction dans les lois en vigueur chez les pays signataires ; et « Solingen » est une marque protégée depuis 1938, bénéficiant du Système de Madrid : sa présence indique donc implicitement une origine allemande.

Ça étant, comme je l’ai écrit plus haut, ce sont des références aux aciers Böhler que l’on retrouve sur tous les exemplaires / modèles de Ghersi, matricés VIPEL, ou pouvant être datés de l’après-guerre ‘40, que j’ai pu voir.

D’un point de vue documentaire et en l’état, une datation large entre 1933 et 1939 tient la route. J’oserai même 1936 – 1939.

ART DÉCO ET PUMA

Reste à voir si d’autres éléments peuvent la confirmer, et apporter de l’eau au moulin d’une fabrication Sommer - voire Leopold Sommer pour être précis – dans la foulée. Ou réduire cette hypothèse en miettes.

L'esthétique peu commune de ce coupe-chou peut venir au secours de sa datation. Ça peut être un piège à con, aussi. Mais je vais faire gaffe, promis   Very Happy

Les premiers repères qui me sont venus spontanément à l'esprit en découvrant ce ( splendide ) rasoir ont été « Art déco » et « Puma ».

Côté Art déco, ça me semble coller pas mal du tout. Les lignes, les couleurs, le motif végétal stylisé et la police d'écriture de l'ornementation de la lame, rentrent bien dans le cahier des charges. L'Art déco, à la grosse louche ça couvre une vingtaine d'années entre la fin des années "10 et celle des années "30.

Mais j'ai acquis il n'y a guère une œuvre d'art rupestre originale, plus vraie que nature, réalisée au XXIème siècle par un artisan épris du genre...

Par contre « Puma », ça renvoie plutôt à une impression générale. Formes, soin, sentiment de robustesse, graphismes etc. Je parle bien entendu des anciennes références, d’autant plus intéressantes dans la contexte que la maison-mère « Lauterjung and Sohn, Puma-Stahlwarenfabrik » a elle-aussi travaillé l’acier Kayser Ellison.

À la même époque d’entre deux guerres, et présentant sur la soie des caractéristiques que l'on retrouve chez nombre de fabricants plus confidentiels. Mais pas sur le Ghersi. Discriminatoires et bienvenues, donc, dans la perspective du tri des alternatives potentielles à une fabrication Sommer.

ÉPILOGUE

Je n’en ai pas recensé des masses, à vrai dire : une dizaine de candidates représentant cinq fabricants, tout au plus, parmi les centaines de lames de Solingen que j’ai vu passer.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-gev10

Mais au final, compte tenu de l’acier utilisé, des crantages, gravures, activités de l’entreprise etc. seuls les Gebrüder Voosholz ( marque GEVOSO ) proposent des choses réellement proches, dans un contexte cohérent. Et de très beaux rasoirs en général, soit-dit en passant. Un client ou sous-traitant de(s) Sommer ? Possible, dans la mesure ou cette société familiale n’a pas laissé trace d’une grosse production.

Mais quoi qu’il en soit, les similitudes les plus frappantes restent le fait de la marque Mondesir, enregistrée comme on l’a vu par la Léopold Sommer & Cie. C’est particulièrement frappant dans le cas des très beaux Mondesir « Gold », qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à mon Ghersi « Göttlich ».

Et tous les Mondesir d’après-guerre sont matricés Walter Königer. Quitte à utiliser – à moins que l’ensemble ci-dessous résulte d’une association fautive effectuée par le revendeur contemporain... - des boîtiers portant un scellé papier imprimé du label de Leopold Sommers & Co.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-mon11

Le meilleur moyen de faire évoluer une contribution historique s’il échet restera toujours de la publier quand on estime être arrivé là où l’on commence à touiller dans des scories. Qui n’apportent pas grand-chose tout en risquant de lever un brouillard de doute improductif, voire toxique.

Là, j’y suis. Au temps ou à d'autres de jouer, s'il y a lieu d'apporter des précisions voire corrections, ce qui est fort probable.

IN MEMORIAM

Et donc en l'état, à la lecture et aux relectures de ce qui précède, gardée une marge d’erreur me semble-t-il réduite je crois fiable d'avancer que ce Ghersi « Göttlich » est une fabrication tardive ( 1936 – 1939 ) de la Leopold Sommer & Co à Solingen ; commandée par la Maison de gros Vipel, à Gênes, à destination du marché professionnel italien.

Il pourrait s’agir d’une édition limitée.

Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Gh-act10

Il s’agit en tout cas d’un rasoir qui, par sa conception, ses finitions et la qualité de ses matériaux n’a pas usurpé son « Göttlich ». Et dont l’histoire, au-delà, interpelle d’autant qu’elle convoque le souvenir de personnes précises sans autoriser l’écriture de leur histoire à eux, faute d’éléments réellement probants dans l’un ou l’autre sens… alors j’ai envie de croire que Léopold a survécu, et que Walter était un brave type…

… un beau, très beau rasoir oui, décidément : merci, Léo    I love you


Et merci à ceux qui auront lu - et apprécié, le cas échéant - ce petit exercice  Wink


---oooOooo---


SOTD du premier rasage : https://www.rasage-traditionnel.com/t29042-jeudi-2-septembre-2021#918563

---

SOURCES & CRÉDITS:

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alunni
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Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Empty Re: Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique

Jeu 02 Sep 2021, 11:27
Très jolie recherche,et belle pioche.

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Semar
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Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Empty Re: Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique

Jeu 02 Sep 2021, 13:03
Une très belle démarche de recherche restituée dans ce très sympathique et enrichissant compte-rendu tout en poésie comme a ton habitude 😁😁😁
Belle acquisition et c'est toujours un plaisir de te lire !
Ps maintenant je suis encore plus impatient de recevoir mon kayser ellison sheffield 😭

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Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Empty Re: Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique

Jeu 02 Sep 2021, 13:21
Superbe recherche et compte-rendu!
Merci, c'est passionnant!

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Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Empty Re: Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique

Jeu 02 Sep 2021, 13:54
Quelle belle démarche !

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Ptitrenard
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Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Empty Re: Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique

Jeu 02 Sep 2021, 14:23
Incroyable récit et tourné d’une manière particulièrement agréable à lire. Bravo et merci pour toutes ces recherches majesty

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Almostblue
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Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Empty Re: Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique

Jeu 02 Sep 2021, 19:37
Merci à vous ! thumb1
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Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique Empty Re: Ghersi « Göttlich » : présentation et recherches d'historique

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